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candidus infos joinville

candidus infos joinville

Information, réflexions diverses et variées sur l'actualité à Joinville-le-Pont,dans le Val-de-Marne, en France et dans le Monde.

Publié le par candidus.
Publié dans : #Vie Locale

Dimanche 4 septembre 2011, cérémonie commémorative du 67ème anniversaire de la libération de Joinville-le-Pont (25 Août 1944).

Le rassemblement aura lieu à 10 h 15 sur le parvis de la mairie.

Des gerbes de fleurs seront déposées sur le pont de Joinville (sur lequel de violents combats se déroulèrent), puis au cimetière communal.

Retour en mairie et réception en la salle des fêtes.

Cette cérémonie sera présidée par notre Député-Maire M. Olivier Dosne.

 

                                                              La Bataille du Pont de Joinville

                                                              par René Dennilauler, historien local. 

 

Afin de barrer la seule route menant de Paris vers l’Est (la N4 n’était pas encore creusée sous le carrefour Jaures-Paris. La rue Chapsal était la seule voie de communication pour aller à Vincennes et à Paris) une équipe de cheminots de la Résistance F.E.R. aidés des résistants joinvillais basculèrent un wagon de marchandise puis un second du pont Chapsal sur la rue Chapsal . C’était le mercredi 23 Août.Kaitlyn--et-images-X-011.jpg

 

Entre-temps, les gendarmes de Joinville avaient subtilisé 12 camions et une voiture du dépôt Todt et de la gare de marchandise pour les cacher au garage municipal, dans le chantier de Mme SINEGRE, à l’usine Pathé et sur le chantier CARONI (chargé de la construction du Pont). Huit camions et automobiles ainsi que des motocyclettes que des civils s’étaient appropriés, furent également récupérés.

Le 23 Août, les gendarmes participèrent également à l’édification d’une barricade sur le Pont à l’aide de 5  gros camions allemands au niveau de l’escalier desservant le quai de Polangis.

Les F.T.P.F. de Joinville envoyèrent alors un coursier à vélo pour avertir ROL TANGUY de la situation au pont de Joinville, à son Q.G. de Denfert-Rochereau. (Ce coursier avait dû traverser la Marne sur un bac au niveau des Guinguettes).

ROL TANGUY fit venir aussitôt à Joinville des résistants roumains armés de fusils mitrailleurs qui s’installèrent à « La Pomme d’Api » (18 Quai de Polangis) et à « La Rive Fleurie », quai Beaubourg (Quai Pierre Brossolette à l’endroit de la crèche départementale actuelle) ce qui leur permit de défendre le barrage sur le Pont.

 

En passant par les jardins et la rue des réservoirs, les gendarmes de Joinville et des F.F.I. engagèrent le combat avec les allemands installés dans la gare et arrivèrent à les en déloger. Ceux-ci refluèrent vers le garage Chapsal. (Un témoin Ginette T…. alors âgée de 14 ans se souvient des «  allemands embusqués sur le toit de la gare et tirant en direction des libérateurs » ( NDLR)

 

Les français purent alors surveiller le Pont et en interdiront l’accès malgré les 12 impacts d’obus allemands provenant de la place de Verdun…..

Vers 15 heures un détachement de 400 à 500 allemands armés de canons de 77, de mitrailleuses, escortant l’obusier KARL arriva de Champigny .

Les obus de Karl étaient capables de détruire tout un quartier, ils étaient la réplique de la « Grosse Berta » de 14-18.

Le détachement avança sans encombre jusqu’à la place de Verdun où il fut pris sous un déluge de feu provenant de la gare, du quai Beaubourg et du  quai de Polangis..

Pendant cette fusillade des civils s’étaient réfugiés dans le fournil du boulanger situé à l’entrée de la rue de l’Ile (rue d’Estienne d’Orves actuelle). … « .Les balles sifflaient lorsqu’elles passaient au loin, mais elles miaulaient lorsqu’elles vous rasaient de près…. »

Au début du Pont de Joinville, à l’entrée du souterrain (tranchée de la rue Jean Mermoz), Joseph BELBEOCH de St Maurice, tombe, tué par un allemand embusqué derrière une maison en démolition.

FONTENEAU, le boucher du 11 rue de Paris installé avec d’autres résistants dans les étages de « La Pomme d’Api » riposte et à l’aide d’un simple fusil de chasse tue deux soldats allemands.

Ne pouvant traverser le Pont, le détachement allemand décrochât vers le fort de Champigny en abandonnant de nombreuses victimes..

 

Von SCHOLTITZ, gouverneur militaire de Paris, sur ordre du Führer avait fait poser des mines sous tous les ponts stratégiques de Paris et sous celui de Joinville en particulier. La chambre à mines du Pont de Joinville, fermée par une lourde porte métallique, se trouve au bas de l’escalier menant au quai de Polangis.

Ne pouvant faire traverser le Pont à Karl, les allemands décidèrent de faire sauter le Pont.

Dissimulé au coin de l’avenue Courtin et du Quai de Polangis, ORSAY, tireur d’élite de la guerre 14/18, (qui tenait la boucherie avenue de Gallieni) avait pour mission d’abattre tous les allemands qui voulaient s’approcher de la chambre à mines du Pont. A ses cotés Michel TALON le servait en munitions.

Les allemands envoyèrent par vagues successives de très jeunes soldats pour faire sauter le Pont. Mais aucun d’eux n’a pu atteindre la chambre. Le dernier soldat qui avait tenté de descendre l’escalier fut touché par ORSAY. Atteint au ventre, il s’était affalé sur un fardier de l’entreprise Caroni et avait essayé de se bander le ventre mais il mourut accroché à la balustrade de l’escalier. ORSAY pleura amèrement en voyant que ce « soldat » n’avait que 15 ans……….( Un autre témoin, Roger C….alors âgé également de 14 ans , demeurant Avenue Oudinot, se souvient avoir vu un soldat allemand tomber dans les escaliers du pont , mortellement touché par une balle tirée par le sieur Orsay….)

                                                                                               La libération du Pont de Joinville 

Les F.F.I. de Joinville ayant averti ROL TANGUY, celui-ci informa le colonel de LA HORIE du danger de la destruction du Pont de Joinville par les allemands pour empêcher la 2ème DB de foncer vers l’Est. Aussitôt le Colonel dépêcha à Joinville le capitaine VIVIER et le major allemand KOTTRUP sur le char « Buttes Chaumont » piloté par le jeune (17 ans) Michel FRY.(celui-ci vint à Joinville il y a 6 ans pour raconter son aventure)

Ne pouvant passer sous le pont Chapsal, le char longeât la voie ferrée sur le pont Chapsal pour arriver à la gare.

Après reconnaissance des gendarmes postés à la gare, le char descendit la rue du Pont et, arrivé au Pont, KOTTRUP sortit du char et donna l’ordre aux soldats allemands retranchés dans le garage Chapsal de se rendre. Ils furent fait prisonniers par les F.F.I. de Joinville.

Après un bref passage le long du quai de Polangis, le char retourna à Paris.

Le lendemain 26 Août, les quelques militaires de la Wehrmacht encore présents dans les tranchées de la place Mozart se rendirent.

Plusieurs chars et jeeps américains (dont les soldats portaient des casque non des bérets comme les français) traversèrent le Pont de Joinville, acclamés pars la population

Pendant ce temps les américains avaient établi un camp dans le Bois de Vincennes, face à l’I.N.S.E.P. actuel.

Un grand merci à René Dennilauler pour cette passionnante page de notre histoire joinvillaise.

 

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