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candidus infos joinville

candidus infos joinville

Information, réflexions diverses et variées sur l'actualité à Joinville-le-Pont,dans le Val-de-Marne, en France et dans le Monde.

Publié le par candidus.
Publié dans : #Témoignage

En 1962, les français qui ont fondé l'Algérie sont contraints de fuir leur pays natal pour venir se réfugier en métropole dans l'indifférence générale et l'hostilité des autochtones et le mépris des autorités en place.

En dépit d'un vif sentiment d'injustice face à cette indifférence glaciale , nombre de « rapatriés » resteront longtemps silencieux , mettant toute leur énergie à rebâtir une existence nouvelle.

Journaliste à la retraite (RTL, AFP...), Président d'honneur de l'association des journalistes du Val-de-Marne, notre ami Jacques Martinez se souvient dans un article émouvant qu'il nous a autorisé à publier....

LE « 18 JUIN », UN APPEL ? NON !

POUR MOI, CE FUT,

L'ABANDON DE MA MÈRE AGONISANTE

Mon souvenir du « 18 juin » n’est pas celui de l’appel du général De Gaulle : c’est la remise, en ma mémoire, d’un drame qui a bouleversé ma vie, celle de ma famille, celle de millions de personnes… Le 18 juin, j’ai dû laisser seule, j’ai dû abandonner ma Mère agonisante alors que sa fille s’apprêtait à naître…

Ce jour-là, mes frères et moi dûmes partir. Ou plus précisément fuir à bord d’un transport de troupes aéroportées, un Nord 2501 appelé aussi Noratlas… Nous laissions sur le tarmac, en pleine zone d’insécurité, notre père, sous-officier mécanicien retraité de l’Armée de l’Air…

Le voyage fut long… Plusieurs heures… Mais surtout, il fut extrêmement pénible ! Moins en raison des conditions de vol – ces « zincs » parfaits pour larguer des paras ou du matériel n’étaient nullement adaptés à des missions de sauvetage de civils fuyant une terre de combats – qu’en raison des circonstances : abandonner, sous la violence du « vent de l’Histoire » alors meurtrier pour nous, ce qui nous était le plus cher sans aucun espoir de le retrouver. Et, qui plus est, pour se rendre dans une contrée inconnue et dont les habitants ne voulaient pas de nous.

Douloureusement malade depuis 8 ans…

Mes frères et moi sommes arrivés à bon port, même si ce fut, au mieux, pour la majorité, dans une indifférence pesante, au pire, de la part de certains, dans un climat franchement hostile…

À peine quinze jours après, le 3 juillet, j’apprenais la mort, après huit années d’une longue et douloureuse maladie, de cette Mère qui aurait dû fêter le 5 juillet ses… 132 ans !

Ah, oui, son nom : ALGÉRIE ; prénom : Française. Elle est décédée en accouchant d’une fille prénommée Algérienne. Celle-ci a en effet gardé le patronyme que la France (1) avait donné à cette Terre, sa Mère, ma Mère… C’était en l’an 1962… Le jour même du 22e anniversaire de l’appel du général De Gaulle, responsable de « mon »… 18 juin. J’avais 16 ans : jamais plus je n’ai revu ma terre natale… Comme de nombreux européens et – c’est pire pour eux, nos amis – de trop nombreux Harkis à qui les autorités algériennes refusent même l’inhumation non loin des leurs restés en Algérie…

Jacques MARTINEZ

(1) Le nom « Algérie » a été employé pour la première fois en 1686 par l’écrivain et scientifique Bernard Le Bouyer de Fontenelle (1657-1757) dans « Entretiens sur la pluralité des Mondes » et ce nom a été officialisé sous la Monarchie de Juillet par le ministre de la Guerre, le chevalier Antoine Virgile Schneider, alors général (1779-1847).

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